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Bilan et perspectives

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LA COURSE DE NATATION 2006

LA COURSE DE NATATION DU 27 AOUT 2006

AU SERVICE DE L’ENVIRONNEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DE GANDIOL


BILAN ET PERSPECTIVES

(10 septembre 2006)



C’était la première édition d’une course, qui s’est déroulée le dimanche 27 août 2006, sur le fleuve Sénégal, entre le campement Océan et Savane sur la Langue de Barbarie et le Phare de Gandiol (2 km.). La course s’est inspirée du Dakar-Gorée, tout en voulant aussi rappeler le 30ème anniversaire du Parc national de la Langue de Barbarie, fêté le 5 juin 2006.


Outre l’épreuve sportive, il s’agissait d’un projet visant à sensibiliser les populations locales aux questions de l’environnement et à dégager des pistes pour le développement économique, social et culturel de Gandiol.


Le projet a été porté par le GIE SPORT, Environnement et Développement de Gandiol en collaboration avec la Ligue de Natation et de Sauvetage de Saint Louis et le soutien de la Radio télévision sénégalaise. Pour la mise en œuvre de cette première édition, le GIE et la Ligue de natation ont été aidés par le chef des bassins de la piscine Olympique nationale à Dakar, Tandakha N’Diaye, qui a dirigé la course à Gandiol, par le Responsable des plages de Gorée, Jean Diop, et par la 22ème Compagnie d’incendie et de secours de la région de Saint Louis.


La contribution de la Coopération française a permis de financer la majeure partie du projet. D’autres subventions ont été accordées par le Syndicat d’Initiative de Saint Louis et par Sénégal Tours. Quelques sponsors ont également participé de différentes manières : Les Brigades Vertes, Comme des Garçons (boutique de mode parisienne), Hôtel La Résidence, Restaurant Le Provençal, Sahel Découverte, Véolia Eau (ex Compagnie Générale des Eaux), 2SM Technologies (société d’imprimerie et d’informatique à Dakar).


Parmi les personnalités présentes, malgré la période des vacances, mentionnons la Vice Consul de France à Saint Louis, Mme Hélène Francou ; le représentant de la Coopération française, M. Pascal Vardon ; le responsable des services techniques de la municipalité de Saint Louis, M. Bara Diop, 9 chefs de villages de Gandiol dont M. Diop de Pilote, village hôte des cérémonies.


Le projet a su créer une réelle dynamique, avec des Sénégalais et des étrangers, à la fois au sein de la Fédération nationale sénégalaise de natation et dans le secteur de Gandiol, une des 4 zones (18 villages) de la Communauté rurale de Gandon, au sud de Saint Louis. La course, et les activités qui l’ont accompagné, se sont déroulées comme prévu, sans problème significatif, grâce à une organisation minutieuse. La sécurité, sur le fleuve et sur terre, a été pleinement assurée.


Le projet a finalement mobilisé des dizaines de villageois (membres du GIE, piroguiers, femmes cuisinières, musiciens, les enfants qui ont préparé une exposition….) et réuni 8 clubs de natation dont 5 de Dakar/Gorée, 2 de Kaolak et la Ligue de Saint Louis. Tous les nageurs, sauf ceux de Saint Louis, ont été hébergés la veille de la course au campement Océan et Savane, où l’équipe leur a réservé le meilleur des accueils.


L’ambiance même de la journée du 27 août--une vraie fête populaire, avec musique, tam tam et griots, se déroulant dans le respect de l’ordre et des lieux--illustre la réussite du projet. Tous les acteurs directement concernés par l’organisation ont joué pleinement leur rôle. Bon nombre de villageois, comme les membres de la Ligue de natation de Saint Louis, se sont impliqués à fond, illustrant l’efficacité et les potentialités des démarches participatives. Au moins deux films ont été réalisés, par P. Vardon de la Coopération française, et par la Ligue de Natation de Saint Louis, pour rendre compte de la course et de l’animation qui l’a entourée.


Certains n’hésitent pas à qualifier le projet d’ « extraordinaire », voire de « réussite totale ». Le rapport des gendarmes constate : « la population a répondu massivement ». Le GIE Sport, Environnement et Développement de Gandiol a reçu beaucoup de félicitations dans les jours qui ont suivi la course.


Néanmoins, au-delà de l’enthousiasme quasi général, il importe d’objectiver les résultats en rappelant les buts initiaux et de dégager les perspectives réalisables pour l’avenir. C’est ce que nous tenterons de faire maintenant.



LES RESULTATS POINT PAR POINT


Les objectifs stratégiques et opérationnels de départ


Ce premier projet du GIE Sport, Environnement et Développement de Gandiol visait à démontrer les potentialités de la zone de Gandiol et de ses habitants.

Alors que le GIE n’avait même pas 3 mois d’existence, il a pu porter un projet d’envergure, son comité de gestion fonctionnant de manière exemplaire (malgré l’absence inexpliquée de son village, depuis un mois, d’un des membres fondateurs).

La participation des villageois est intervenue à plusieurs niveaux, montrant un véritable esprit de solidarité. Le repas des nageurs, un « ceebu jën », préparé par des femmes, était particulièrement apprécié. Si quelque chose manquait, une solution était vite trouvée (ex. 2 tables peu avant le démarrage de la course ; un approvisionnement en glaçons alors qu’il n’en restait quasiment plus le samedi après-midi à Saint Louis).


La course a permis, avec la venue des clubs de natation et grâce à la forte médiatisation locale et nationale, de faire mieux connaître la zone de Gandiol et le site exceptionnel de la Langue de Barbarie.

Quant à la collaboration de la RTS, deux entretiens ont été réalisés en français avec Mme Dane, Président du GIE et chef du projet, en direct sur la RTS. Dans les jours précédents la course, des informations ont été diffusées en français et en Wolof par la RTS de Saint Louis à partir des entretiens avec le GIE. Le journal POP, l’un des plus lus au Sénégal, a également présenté le projet dans son édition du 22 août.


Après la course, d’autres informations ont paru sur la RTS, et Tandakha N’Diaye, Directeur de la course, étant également journaliste sportif à la télévision, a fait diffuser sur celle-ci une vidéo cassette de la journée du 27 août.

Le travail en réseau a, dans l’ensemble, bien fonctionné. Plus les gens se découvraient, plus il devenait facile de travailler ensemble. Au départ, les acteurs les plus directement concernés ne se connaissaient quasiment pas entre eux, et le chef de projet, Mme Dane, a voulu créer des liens susceptibles de perdurer sans sa présence.

Alors que la collaboration entre le GIE et la Ligue de natation de Saint Louis n’était pas facile au début, elle n’a cessé de s’améliorer au fil du temps et de porter ses fruits. La Ligue propose même d’inscrire un nageur de Gandiol à la course Dakar/Gorée du 17 septembre.

Les apports de l’Hôtel de la Résidence et de Sahel Découverte étaient particulièrement importants dans la dernière phase de concrétisation du projet : frappe des programmes définitifs, prêt d’une glacière et d’un congélateur, impression d’attestations pour les gagnants de la course de natation….


Par contre, certaines possibilités n’ont pas été suffisamment exploitées, dont les rapports avec le PNLB (il faut noter que le conservateur était en congé).



La course

La réussite de la course a prouvé qu’il est envisageable d’organiser une course annuelle d’ampleur internationale tout comme le Dakar- Gorée.

Les clubs de natation ont découvert à Gandiol « une piscine naturelle » ; les nageurs, ont été séduits par le site.

Ont participé 56 nageurs, avec des trophées pour 4 catégories : hommes, dames, garçons, filles. Le premier « prix homme », l’un des plus grands nageurs actuels du Sénégal, a réalisé la course en 28 minutes, 59 secondes ; c’est la Vice consul de France qui lui a remis son trophée. Le plus jeune nageur avait 6 ans ; il était également récompensé et était très applaudi !

La sécurité était maximale : les sapeurs pompiers avec deux zodiacs et une équipe de plongeurs et sauveteurs ; une ambulance avec infirmière ; une pirogue de Gandiol ; une vedette de la Ligue de natation ; deux médecins, dont un urgentiste, au phare de Gandiol ; trois gendarmes au Phare de Gandiol.

On peut estimer les spectateurs à au moins 500, dont la plupart des villageois ainsi que des parents ou amis venus de Saint Louis.

La démonstration de premiers secours, menée après la course par les sapeurs pompiers avec un réalisme tout à fait remarquable, a retenu toute l’attention du public. Un jeune de Gandiol a lu « 7 commandements » pour éviter les noyades.


L’exposition des enfants


Un petit groupe d’une quinzaine d’enfants a valorisé ses travaux et ceux effectués par des dizaines d’autres enfants depuis 2 ans (collages, photos artistiques du terrain autour du phare, dessins montrant la vie quotidienne…). Ces travaux ont été placés sur des panneaux prêtés par le PNLB et sur le phare lui-même.

Ce même groupe a réalisé des productions nouvelles pour la journée du 27 août, dont un panneau présentant Gandiol et une énorme affiche sur les méfaits des sacs en plastique et sur les alternatives (filets, paniers, sacs en tissu…). Le groupe a également accroché des affiches présentant le cycle de l’eau et sur l’eau douce dans le monde.

Un autre groupe a « emballé » le bas du phare avec du papier et a dessiné dessus, à la manière de l’artiste français Christo, qui emballe des ponts.

Les dimensions « environnement » et « développement » du projet ; la francophonie


Par rapport aux objectifs de départ, le GIE n’a pas été aussi loin que souhaité. S’agissant de l’environnement, les objectifs opérationnels n’ont pas été assez clairement définis, les délais étaient trop courts (le GIE n’avait que 3 mois), les moyens de communication et de transport limités et l’absence du chef du projet (qui travaille en France) expliquent ensemble ce constat.

Toutefois, l’exposition des enfants a accordé une large place à l’environnement, la plantation d’un arbre symbolique par les gagnants juniors de la course de natation, et le discours d’ouverture de Mme Dane, chef du projet, ont voulu marquer l’importance des données environnementales. De surcroît, un nettoyage des terrains à proximité du phare avait été effectué trois jours avant la course de natation, avec la participation d’une vingtaine de femmes et de jeunes des villages.

Le projet, notamment dans les phases préparatoires, a permis de repérer des acteurs et des activités de développement, s’appuyant sur les savoirs faire locaux et des structures existantes.

Quant à la francophonie, il faut tenir compte des problèmes de scolarité et d’illettrisme sur la zone. Les traductions et discours de quelques personnalités en Wolof ont été indispensables.



La promotion de l’écotourisme

On peut penser qu’en faisant mieux connaître Gandiol, il y aura un impact sur le tourisme, non seulement en direction des Européens mais aussi des Sénégalais. Cette question gagnerait à être travailleé avec certains sponsors du projet ainsi qu’avec le PNLB et la Communauté rurale.

Cette première année a, en tous les cas, démontré les capacités d’accueil des structures et des populations locales.

Des T-Shirts ont été distribués non seulement aux nageurs mais à tous ceux qui ont œuvré pour le projet. Ils ont donc récompensé le travail en contribuant à faire connaître Gandiol et la Langue de Barbarie.


La coopération internationale et entre communautés sénégalaises

Pour la première année de ce projet, la coopération était décisive. Celle de l’Ambassade de France, mais aussi celle des personnes venues de Dakar et de Gorée, et celle avec la Ligue de Natation de Saint Louis, dont la majorité des membres habitent le quartier de Guet Ndar, le quartier des pêcheurs (quartier de citoyens actifs mais d’où partent tant d’immigrés clandestins).

Les échanges ont été très riches et la coopération ainsi tissée a permis beaucoup de retrouvailles, entre Sénégalais et étrangers, entre générations, entre villageois et ressortissants de Gandiol.

Aussi, dans cet esprit d’échanges, les enfants de Gandiol ont offert un ballon aux enfants de Gorée.



Une journée de retrouvailles


Le thème des retrouvailles a vraiment contribué à créer une ambiance exceptionnelle de convivialité. Nombre d’exemples en témoignent :

Les clubs de natation qui ont peu de temps pour se retrouver ailleurs…Tel homme revenu à Gandiol pour des jours de vacances qui téléphone à des membres de sa famille en Casamance pendant la course et finit par la commenter pour les gens de là-bas. Le responsable de la RTS qui retrouve un grand ami parmi le personnel du campement…




LES PERSPECTIVES


Des préparatifs pour une deuxième édition en 2007 de la course de natation ont déjà commencé. Désormais, la course pourrait être inscrite dans le calendrier de la Fédération nationale sénégalaise de natation.

Des discussions ont également démarré en vue de la création d’un club de natation à Gandiol, avec un partenariat entre le GIE Sport, Environnement et Développement de Gandiol et la Ligue de Natation et de Sauvetage de Saint Louis. Jean Diop, responsable des plages de Gorée, pourrait apporter une aide technique lors du démarrage du club.


Outre l’épreuve sportive, les actions autour de l’environnement et en faveur du développement de Gandiol seront nettement renforcées en 2007. Le GIE Sport, Environnement et Développement de Gandiol est en train de recenser les différentes possibilités dont certaines impliquent un travail accru en réseau, notamment avec la PNLB et le GIE des écogardes.

Les axes de travail de la Coopération française en matière d’environnement sont autant de repères : l’éducation environnementale, le traitement des déchets, la valorisation des savoirs faire locaux.

Le GIE Sport, Environnement et Développement de Gandiol devrait créer une ou plusieurs activités génératrices de revenus, tenant compte du Plan local d’investissement de la Communauté rurale, du Plan de gestion du PNLB, des activités menées dans le Cadre local de concertation d’organismes de producteurs (CLCOP)…


La promotion de l’écotourisme dans la zone reste un objectif primordial. Toutes les pistes sont ici à explorer et sont une priorité pour le GIE. Pour reprendre une phrase du Capitaine des sapeurs pompiers, on est à Gandiol « dans le naturel », et ce naturel doit être préservé. Pour les objectifs de la zone, l’écotourisme

« consiste à voyager en petits groupes, dans des zones préservées,

pour observer la nature et la culture des habitants. Il vise à réaliser un voyage

plus respectueux de la planète » (Nature et découvertes).


De même, la culture a toute sa place, car elle peut permettre de favoriser l’éducation environnementale et le développement social. De nombreux enfants sont attirés par les activités artistiques, et c’est souvent par les enfants que l’on peut sensibiliser les familles. L’exposition des enfants restera une pièce maîtresse du projet, et il faudrait continuer à encourager, avec eux, les activités en langue française.


La coopération avec Gorée et avec le quartier de Guet Ndar de Saint Louis pourrait s’accroître. Par exemple, on pourrait organiser des échanges, un groupe d’enfants de Gandiol allant à Gorée pour nager et pour visiter la Maison des Esclaves ; puis un groupe de Gorée venant nager et découvrir Gandiol. Une association pour la protection de l’environnement, installée à Guet Ndar, pourrait collaborer avec les habitants des villages au bord du fleuve à Gandiol, afin de mieux régler le problème des déchets et nettoyer plus régulièrement les plages.


La recherche de nouveaux partenariats pourrait être utile et contribuer au renforcement de la dynamique locale. Au cours de la journée du 27 août, le chef de projet a découvert une association d’étudiants de Gandiol, active pendant la période des vacances. Il existe également d’autres ONG et GIE sur la zone, et pour lesquels synergies et mutualisations des ressources devront être encouragées. Peut-être serait-il opportun de tenter d’impliquer davantage les collectivités territoriales, à commencer par la communauté rurale de Gandon et la municipalité de Saint Louis? 

Les radios locales et la presse écrite pourront être davantage sollicitées à l’avenir. Quelques contacts ont déjà été pris, notamment avec 221, revue de l’actualité touristique, sportive et artistique du Sénégal.


Tenant compte du bilan et des perspectives, la deuxième édition de la course de natation pourrait se dérouler sur 2 jours, permettant, en amont, des activités diverses en faveur de l’environnement et du développement du Gandiolais et laissant plus de temps pour échanges et retrouvailles.


Si le budget de la première année a permis de couvrir la plupart des dépenses, il y a eu, tout de même, un léger dépassement. Les perspectives d’avenir, aussi intéressantes qu’elles puissent paraître, nécessiteront des moyens à trouver assez rapidement.



by jml last modified 2007-06-11 11:02
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